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Par Prudence Kirten

La macro typographie

La macro typographie reprend la disposition des paragraphes par rapport aux éléments (images ou couleur). Ce type de typo regroupe les bases de la mise en forme d’un paragraphe et les principes de hiérarchie qui viennent rythmer le contenu textuel. Elle englobe donc les espaces entre les blocs texte et le contraste de l’écriture.

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La couleur de paragraphes

Afin de définir la couleur d’un paragraphe, il suffit d’utiliser la métaphore du « Triangle équilatéral » pour Matej Latin. Celui-ci regroupe les trois éléments qui déterminent la couleur : le corps, l’interlignage et la longueur de ligne. De plus, la couleur des paragraphes doit être ni trop claire, ni trop foncée sauf si le contenu le demande.

L’interlignage lui doit être entre 140 % et 180 % de la valeur du corps du texte, parfois il peut atteindre 200 % . Il a un grand impact sur le mouvement de l’œil car si l’interlignage est trop peu élevé, les saccades et fixations ne sont plus « naturelles » et demandent un effort de lecture de plus en plus grand au fur et à mesure que l’interlignage diminue. L’œil va fatiguer et le retour à la ligne suivante sera difficile.

Le corps et l’interlignage sont en relation et la lisibilité du texte est elle en relation avec la longueur des lignes. Si l’on modifie le corps du texte, la police, il faudra sans doute modifier les valeurs de l’interlignage et de la longueur de ligne. Le corps du texte doit avoir une taille minimum selon l’écran de consultation, l’objectif est de faciliter la lecture. Quant à la longueur de ligne, elle doit être comprise entre 60 et 80 caractères.

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La combinaison de polices

Pour combiner deux polices, il faut tenir compte d’au moins un des 3 facteurs : la hauteur de X, le contraste et la chasse.

Commençons par la hauteur de X qui permet de déterminer, lors de la création d’une police de caractères, quelle sera la proportion des ascendants, des descendants,…. Grâce à la hauteur du X dans une fonte choisie, on peut ce dire que cette hauteur correspond à la hauteur des glyphes des autres bas-de-casse,….

Ensuite, le contraste représente l’épaisseur du trait sur l’ensemble du dessin de la lettre.

Pour finir, la chasse est égale à la « largeur » du caractère en lui-même.

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Hiérarchie

C’est un rapport de proportion entre le corps de texte et les titres, sous-titres,… car ceux-ci doivent contraster avec le reste du texte. Il est donc conseillé d’utiliser l’emploi de majuscules, du gras, de l’italique, de différentes tailles de caractères, modifier l’alignement,…. La hiérarchie sert alors pour faciliter l’identification des blocs d’informations et pour le rythme !

Exemple de calcul de proportion : 

Prenons Augmented Fourth – 1.414

On multiplie la valeur de corps du paragraphe par le rapport de proportion de notre choix :

– 18pt x 1.414 = 25.452pt [on arrondi à 25pt]

– 25pt x 1.414 = 35pt

– 5pt x 1.414 = 49pt

– 49pt x 1.414 = 69pt

– 69pt x1.414 = 97pt

Avant d’en finir avec la macro typographie, parlons de l’alignement des paragraphes qui ne peuvent être uniquement justifié à gauche ou bien à droite et c’est tout !

« Les mots ont moins de pouvoir que de sens : gare au contexte dans lequel ils apparaissent ! Gare aux intonations ! Gare à la typographie ! »

— Jacques Villeglé

La micro typographie

La micro typographie s’intéresse au détail de la typographie. Elle englobe tous les facteurs qui touchent à l’écriture en tant que telle. C’est ce que l’on pourrait appeler la vision d’ensemble et sans oublier que c’est dans le détail que ce fait la différence.

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Les marques de paragraphes

Comment signifier un changement de paragraphe ? Pour cela voici 10 méthodes :

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Les majuscules accentuées

L’accent à pleine valeur orthographique. Son absence ralentit la lecture et fait hésiter sur la prononciation, sur le sens même de nombreux mots. On évitera donc de désorienter le lecteur ou de l’induire en erreur.

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Les types de tirets

Il y a trois types de tirets distincts : le tiret court (-), moyen (–) et long (—).

D’abord, le tiret court est utilisé pour les traits d’union entre deux mots, les soustractions et césure (coupe un mot en fin de ligne qui n’est pas dans la justification).

Ensuite, le tiret moyen sert pour les énumérations, les listes, les durées, les distances et aussi peuvent remplacer les parenthèses.

Pour finir, le tiret long qui lui s’applique dans les dialogues, pour scinder le texte, les signatures, les citations ainsi que pour les transitions/changements dans une phrase.

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Les bons guillemets

1) Les guillemets typographique ou bien français ou encore simple̴:

2) Pour tout ce qui est en anglais, citation, références :

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La ponctuation et les espaces

a) , pas d’espace avant – un espace après

b) . pas d’espace avant – un espace après

c) ; espace insécable avant – un espace après

d) : espace fine insécable avant – un espace après pour une liste, un espace insécable dans les autres cas

 

e) ? espace fine insécable avant – un espace après

f) ! espace fine insécable avant – un espace après

g) % espace insécable avant – un espace après

Un espace insécable est un signe typographique consistant en un espace que l'on intercale entre deux mots qui ne doivent pas être séparés en fin de ligne.

Un espace fine insécable est un caractère typographique dont le rendu est celui d'un espace insécable mais un peu plus fin.